La reconnaissance : voir la valeur de l’autre et construire ensemble
Dans un projet, une démarche ou une œuvre, la reconnaissance peut apparaître à un moment décisif. Elle apporte une satisfaction qui nous permet d’avancer, de grandir et de ressentir de la fierté. Elle nous donne aussi le sentiment de contribuer à quelque chose de plus grand que nous-mêmes : un projet, une vente, l’accompagnement d’un client ou, dans mon cas, la réalisation d’un documentaire.
La reconnaissance nous révèle que nous avons accompli quelque chose, que nous avons créé un impact ou répondu à une attente qui était là, observée par le public, les clients ou la société.

Que signifie vraiment reconnaître ?
Si nous approfondissons le concept, reconnaître signifie voir chez l’autre une valeur que nous sommes capables d’identifier selon notre perspective personnelle et, parfois, selon des repères sociaux partagés. Lorsque nous percevons quelque chose d’intéressant, de juste ou de pertinent, nous affirmons : oui, cela compte. Cela mérite d’être considéré.
La reconnaissance ne consiste donc pas seulement à dire qu’une personne a bien travaillé. Elle suppose aussi la capacité de comprendre ce que cette contribution peut apporter à soi-même et à la collectivité. Elle crée un lien : je te vois, je te valorise, je t’encourage et je te donne la possibilité de continuer à avancer.
Reconnaître les contributions des personnes immigrantes
Si nous transposons cette réflexion à la société québécoise, et particulièrement à la ville de Québec où je suis établi, reconnaître la contribution des réalisateurs et des créateurs issus de l’immigration nous permet de poser une question essentielle : avons-nous tous quelque chose à apporter à la société, peu importe notre origine ? La réponse est oui, et cette contribution a une grande valeur.
Partager et reconnaître les projets de chacun nous motive et nous mobilise pour accomplir des choses encore plus grandes, ensemble. La reconnaissance devient alors une force collective. Elle nous aide à nous voir dans l’autre et à comprendre que nous pouvons grandir avec lui.
Vivre ensemble ou construire ensemble ?
Cette réflexion nous conduit naturellement à la question du vivre-ensemble. S’agit-il simplement de vivre côte à côte, ou de construire quelque chose ensemble ? Construire ne signifie pas nécessairement faire le même travail ni poursuivre les mêmes objectifs. Cela signifie apporter sa contribution, avec ses compétences, son histoire et sa sensibilité.
À partir du moment où nous reconnaissons la contribution de l’autre, nous participons déjà à une œuvre commune. Nous faisons quelque chose ensemble.
Je vous invite donc à vous arrêter un instant, à réfléchir et à reconnaître le travail de la personne qui se trouve près de vous : votre voisin, votre ami, votre collègue. Et, dans ce cas précis, à reconnaître la contribution que nous apportons, nous les créateurs et réalisateurs, particulièrement celles et ceux d’origine immigrante.
La reconnaissance n’est pas seulement un compliment. C’est une manière de dire : ta présence compte, ton travail a de la valeur et nous pouvons avancer ensemble.




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